[Introduction – Catherine Levrat Pinatel]
Bonjour à tous et bienvenue à ce webinaire de présentation du nouvel outil du Plan régional santé travail Occitanie : l’Observatoire régional Santé Travail.
Avec moi aujourd’hui :
- Virginie Nègre, référente du PRST à la DREETS Occitanie. Bonjour Virginie.
- Thierry Lagraulet, représentant Présanse Occitanie et porteur du projet. Bonjour Thierry.
Ce webinaire va durer environ 30 minutes. L’objectif est de vous présenter ce nouvel outil, de replacer son développement dans le cadre du Plan régional santé travail, d’expliquer comment il a été construit et de vous en donner un aperçu. Vous disposerez ensuite d’autres supports pour faciliter sa prise en main.
Virginie, je vous laisse commencer.
[Intervention de Virginie Nègre]
Merci Catherine.
Je suis Virginie Nègre, responsable du service Santé Sécurité au Travail à la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) et, à ce titre, référente du Plan régional santé travail.
Il nous semblait important de rappeler brièvement ce qu’est le PRST et à quoi il sert.
Le PRST, qu’est ce que c’est ?
Le Plan régional santé travail trouve son origine dans le Plan national santé travail, décliné dans toutes les régions et porté à la fois par la DREETS et par l’ensemble des partenaires institutionnels.
L’objectif principal est de fédérer tous les acteurs de la prévention autour d’actions communes et prioritaires.
Il s’agit d’une démarche collective, réunissant institutionnels, services de santé au travail, partenaires sociaux, ARACT, OPPBTP, Carsat, MSA, ARS, AGEFIPH, chambres consulaires, etc.
Et surtout, ce plan s’appuie sur un diagnostic territorial partagé, permettant d’identifier les priorités et de définir les actions du PRST.
Le PRST, c’est qui ?
Je ne vais pas détailler tous les partenaires, mais on retrouve : la DREETS, les SPST, l’ARACT, l’OPPBTP, les Carsat, les MSA, l’ARS, l’AGEFIPH, la CCI et bien sûr les partenaires sociaux.
Certains d’entre eux ont été particulièrement impliqués dans la création de l’observatoire que nous vous présentons aujourd’hui.
Quelques chiffres sur le PRST
- 5 axes,
- 16 actions,
- 30 partenaires pilotes,
- plus de 150 contributeurs,
- une centaine d’outils à votre disposition (dont l’observatoire),
- plus de 3 000 personnes sensibilisées depuis le début du PRST4.
Les messages structurants du PRST
- La prévention primaire : prévenir plutôt que guérir.
- Vous proposer des solutions grâce aux outils et actions développés.
- Vous n’êtes pas seuls : des acteurs de proximité peuvent vous accompagner.
Les priorités du PRST
- cibler les TPE PME, qui représentent 86 % du tissu économique occitan,
- renforcer la prévention pour les publics vulnérables (jeunes, salariés précaires),
- prévenir la désinsertion et l’usure professionnelle : comment bien vieillir au travail,
- articuler métiers en tension et qualité de vie au travail,
- prioriser la santé au travail des femmes pour améliorer les conditions de travail de tous.
Comment définit on ces priorités ?
Grâce à un diagnostic territorial partagé.
Par exemple, la thématique « risque chimique dans le secteur aéronautique » s’impose en Occitanie car la région est particulièrement concernée.
L’expérimentation d’un outil de diagnostic tel que cet observatoire est donc essentielle pour affiner notre compréhension des problématiques locales et mettre en place des actions adaptées.
[Reprise de parole – Catherine Levrat Pinatel]
Merci beaucoup Virginie pour ces éléments de contexte, indispensables pour comprendre l’inscription de l’observatoire dans le PRST.
Je rappelle que Thierry Lagraulet, directeur du service de prévention et de santé au travail CSTG32 et représentant de Présanse Occitanie, a contribué au projet aux côtés de Sylvie Garcia, également représentante de Présanse Occitanie au sein du groupe « Diagnostic », qui pilote la construction de l’observatoire.
Je ne me suis pas présentée tout à l’heure, je m’en excuse : je travaille à l’ARACT Occitanie et j’anime le groupe Diagnostic territorial du PRST, qui a conçu cet observatoire.
Origine du projet
Le projet s’inscrit dans une expérimentation, inspirée des orientations du Plan national santé travail 4, qui arrive à son terme cette année.
Ce plan met l’accent sur la nécessité de mieux structurer, exploiter et partager les données collectives en santé au travail, et de faciliter leur mise à disposition auprès :
- des entreprises,
- des salariés,
- de leurs représentants,
- des partenaires sociaux,
- des acteurs des territoires,
- et plus largement de l’ensemble des acteurs de la prévention.
Lors du précédent PRST, le groupe Diagnostic avait déjà engagé une réflexion sur l’opportunité d’ouvrir des données Santé Travail en Occitanie, sous forme d’open data expérimentale.
En effet, les problématiques de santé au travail varient :
- selon les populations,
- selon les secteurs,
- selon les territoires.
Mieux caractériser ces périmètres permet de mieux cibler les actions de prévention.
Il y avait donc un double enjeu :
- Améliorer la mise à disposition des données auprès des acteurs du PRST ;
- Les accompagner dans leurs diagnostics, afin de prioriser les actions de prévention.
Le public visé
L’outil s’adresse prioritairement aux acteurs du Plan régional santé travail, notamment :
- le CRPST (Comité régional de prévention et de santé au travail), composé des partenaires sociaux,
- le CROCT (Comité régional d’orientation des conditions de travail).
Ces instances définissent et pilotent la politique régionale en santé au travail.
Il était donc essentiel de leur proposer un outil permettant d’appuyer leurs analyses et décisions grâce à un éclairage structuré des données Santé Travail.
Nous avons commencé par recueillir, avec l’appui des compétences de l’ARS Occitanie et de l’équipe Atlas Santé — qui gère le portail géographique des ARS en matière de données de santé publique — un grand nombre d’expertises sur la façon de travailler avec ce type d’outil et ce type de démarche. En coopération avec eux, nous avons réalisé tout un travail de recueil des besoins des futurs utilisateurs, en employant des démarches de persona, afin d’élaborer et de structurer le projet, puis de construire un cahier des charges des données permettant de répondre à ces attentes et à ces besoins, qu’ils proviennent des entreprises, des acteurs du territoire, des préventeurs, de leurs relais qui mettent en œuvre des actions de prévention, mais également des employeurs et des représentants des salariés.
Nous avons constitué au sein du groupe « Diagnostic régional » du PRST une petite équipe particulièrement impliquée dans le projet. Je pense notamment à Sylvie Garcia, de Présanse Occitanie, mais également aux vice-présidents du Comité régional d’orientation des conditions de travail : Jean François Labaquère pour le MEDEF, Isabelle Ricard pour la CFDT et, auparavant, Éric Soria pour la CGT. La DREETS — avec Virginie — a bien évidemment contribué à nos travaux, ainsi que Marie-Ange Chancelier, médecin inspecteur du travail, et l’équipe du service évaluation statistique de la DREETS Occitanie : Marielle Dhune, Caroline Roux et Rémy Lardellier.
Nous avons également travaillé avec les CARSAT : la CARSAT Languedoc Roussillon avec Véronique Padilla et Hélène Guegen, qui ont beaucoup alimenté l’observatoire ; et, pour Midi Pyrénées, avec Terry Bouchez. S’ajoutaient Michel Niezborala de Prévaly, Stéphanie Rivière de Santé publique France, ainsi que l’équipe d’Atlas Santé, hébergée par la Direction du numérique des ministères sociaux, pilotée notamment par Stéphanie Dautel et Élodie Planqué. Nous avons aussi bénéficié de l’important soutien technique et scientifique du CREAI ORS Occitanie, avec Sylvie Cassadou et Patrice Poinat, ainsi que de Patrick Kurkdji de l’ORS PACA, qui a publié les données.
Toute cette équipe travaille depuis plusieurs années à la mise en œuvre de ce projet : élaboration du cahier des charges, préparation et publication des données, et désormais mise à jour de l’observatoire. Comme je vous le disais, nous sommes dans un cadre expérimental. Nous allons donc entamer un travail d’évaluation et de retour d’expérience sur ce projet, financé dans le cadre du PST4 / PRST par une dotation exceptionnelle.
Le chef d’orchestre de cette démarche est Présanse Occitanie, qui a accepté de piloter ce projet. Thierry, je te laisse la parole.
[Intervention de Thierry Lagraullet]
Merci Catherine. Bonjour à tous. Catherine a évoqué rapidement Présanse Occitanie. De quoi parle t on ? Présanse est une association qui regroupe les 17 services de prévention et de santé au travail (SPSTI) de la région Occitanie. Il faut savoir que les salariés des SPSTI — qu’ils soient médecins du travail, infirmiers en santé travail, intervenants en prévention des risques professionnels ou désormais membres des cellules de prévention de la désinsertion professionnelle — participent depuis toujours aux travaux des PRST successifs.
Je parle de Présanse Occitanie car il existe également Présanse national, qui fédère 160 services interprofessionnels au niveau national. Catherine a cité deux noms : Sylvie Garcia et moi même, représentants de Présanse dans ce dispositif d’observatoire régional. Je précise que la cheffe de file est Sylvie Garcia, que je vous prie d’excuser aujourd’hui. Pour ma part, je suis également trésorier adjoint de Présanse Occitanie ; c’est à ce titre que je centralise les informations relatives au budget de ce projet.
C’est un budget important : 85 540 €, financés par le ministère du Travail. Nous percevons ces sommes et les reversons ensuite aux acteurs opérationnels.
L’intérêt, pour les services de prévention et de santé au travail, est d’obtenir une cartographie de chaque territoire — chose que nous n’avions pas forcément. Cet outil permettra un recueil structuré des besoins exprimés. En combinant ces éléments avec nos propres données, nous pourrons élaborer notre projet de service, qui définit les priorités de prévention au sein de chaque SPSTI. Pour cela, disposer de chiffres précis est indispensable.
[Reprise de parole – Catherine Levrat Pinatel]
Merci beaucoup Thierry.
Pour revenir sur la notion d’expérimentation, vous allez le voir : il existe un enjeu fort d’évaluation, d’autant plus que le projet a bénéficié d’une dotation exceptionnelle PST4/PRST. L’objectif est de pouvoir réfléchir à sa poursuite ou, éventuellement, à son déploiement sur d’autres territoires.
Je vous propose de poursuivre et d’entrer dans la présentation de l’observatoire lui même.
L’observatoire est hébergé dans le portail géographique des ARS, géré par l’équipe Atlas Santé. L’intérêt d’être hébergé dans cet observatoire est de pouvoir exploiter un outil cartographique déjà riche, d’y comparer les données présentes avec d’autres jeux de données téléchargeables. Vous trouverez le lien via le site du PRST Occitanie. Une vidéo de présentation est également disponible.
La page d’accueil permet :
- d’accéder aux cartes et indicateurs,
- de croiser les indicateurs et générer ses propres cartes,
- de télécharger des données externes (stockées localement et non intégrées à l’observatoire),
- ou, pour ceux qui ne souhaitent pas manipuler les cartes, d'accéder directement aux rapports de territoire.
Un nuage de mots permet aussi d’accéder rapidement aux indicateurs, et des tutoriels facilitent la prise en main de l’outil.
Les indicateurs disponibles
L’observatoire comporte trois grandes familles d’indicateurs.
- Les données socio économiques
(Fournies par le service statistique de la DREETS Occitanie)
Elles portent sur :
- la population en emploi, par sexe et tranche d’âge,
- les établissements employeurs par taille et secteur d’activité,
- l’emploi salarié et non salarié,
- des indicateurs sur le dialogue social (nombre d’accords, thèmes, etc.)
Le dialogue social étant un déterminant important des conditions de travail, il nous a semblé pertinent de le faire figurer.
- Les données de sinistralité
(Fournies par les CARSAT Languedoc Roussillon & Midi Pyrénées)
Elles regroupent :
- les accidents du travail (tous secteurs et par secteur d’activité),
- les accidents avec arrêt, graves ou mortels,
- les taux de fréquence et de gravité,
- les familles de risques (chute de hauteur, risque routier, etc.),
- les maladies professionnelles (types, causes, gravité, jours perdus),
- les accidents de trajet.
Ces indicateurs sont souvent présentés par secteur d’activité, afin d’être plus proches de la réalité du travail.
- Les indicateurs du dispositif YODA
(YODA : Inaptitude en Occitanie — Diagnostic et Analyse, piloté par CREAI ORS)
Tous les services de santé au travail interentreprises, agricoles et certains services autonomes contribuent à ce dispositif. Il permet de :
- mieux caractériser les salariés déclarés inaptes,
- remonter plus en amont dans le processus de désinsertion professionnelle,
- analyser les taux d’incidence par secteur d’activité,
- visualiser les profils à risque (TMS, troubles mentaux, etc.), par sexe.
Les mailles géographiques
Les indicateurs sont disponibles :
- au niveau régional,
- par département,
- par zone d’emploi,
- par périmètre de SPSTI.
Cela permet d’obtenir des portraits de territoire prêts à l’emploi, téléchargeables en un clic dans le menu « Rapports ».
Chaque portrait comporte :
- des données socio économiques,
- des données de sinistralité,
- les données d’inaptitude (YODA).
Par défaut, la comparaison se fait avec l’Occitanie, mais ce paramètre peut être modifié.
Tutoriels, mise à jour et perspectives
Des tutoriels expliquent :
- comment cartographier un indicateur,
- comment imprimer un rapport,
- comment découvrir le menu « Indicateurs »,
- comment charger des données externes.
Les données 2019 2020 actuellement disponibles seront prochainement mises à jour :
- sinistralité 2021 2023 dès la fin du 1er semestre,
- dialogue social 2023,
- socio économie été 2025,
- YODA (édition 2) fin d’année.
Nous organiserons un retour d’expérience afin d’améliorer l’outil et d’envisager, si pertinent, son déploiement sur d’autres territoires. Nous réfléchissons également à l’animation d’une communauté d’utilisateurs, possiblement avec l’appui d’Atlas Santé.
N’hésitez pas à nous transmettre vos retours et vos besoins.
Merci à tous pour votre participation. Le support et le replay vous seront envoyés. Merci également à Virginie et Thierry pour l’animation de ce webinaire. Vous l’avez vu, une large équipe a travaillé sur cet observatoire ; je les remercie encore pour leur investissement.
À très bientôt.